Quelle graisse utiliser pour les roulements de kart ? J'ai testé (et flingué) pas mal de trucs
Franchement, la première fois que j'ai démonté les roulements de mon kart, j'ai juste attrapé la première bombe de WD-40 qui traînait dans le garage. Erreur. Grave erreur. Les roulements ont tenu deux sessions et j'ai fini par changer un essieu parce que le roulement avait tellement chauffé qu'il s'était soudé. Alors oui, la graisse pour roulements de kart, ce n'est pas un détail.
Avouons-le : un roulement de kart subit des contraintes que même un roulement de moto ne connaît pas. Vitesse de rotation élevée (jusqu'à 10 000 tr/min sur un gros moteur), charges latérales énormes dans les virages, températures qui montent à 100 °C, et en plus, la poussière et le sable qui viennent tout foutre en l'air. Donc non, une graisse pour roulement de vélo Decathlon à 5 balles ne fera pas l'affaire. J'ai essayé. Résultat : roulement grippé au bout de 3 runs.
Points clés à retenir
- Un roulement de kart chauffe vite : il faut une graisse haute température (au moins 120 °C)
- La consistance NLGI 2 est le standard pour les roues, NLGI 3 pour les axes
- Le lithium complexe ou le PTFE sont les meilleurs choix pour la résistance à l'eau
- Graisser trop, c'est aussi grave que pas assez : l'excès crée de la friction
- Ne jamais utiliser de WD-40 comme lubrifiant permanent – c'est un dégrippant, pas une graisse
- Le nettoyage complet avant regraissage double la durée de vie du roulement
Pourquoi la graisse standard ne suffit pas pour un kart
Quand j'ai commencé, je me disais : « une graisse, c'est une graisse ». Grave erreur. J'ai acheté un pot de graisse universelle SKF au supermarché. Premier tour de piste, ça allait. Deuxième tour, les roulements commençaient à chauffer. Troisième tour, j'ai senti une odeur de brûlé. En ouvrant, la graisse avait littéralement coulé hors du roulement – elle était devenue liquide.
Le problème, c'est que les graisses bas de gamme utilisent des épaississants qui fondent dès 80 °C. Or, un roulement de kart en pleine charge, ça monte facilement à 120 °C voire plus. Et là, la graisse se liquéfie, elle s'échappe, et il ne reste plus rien pour protéger les billes. Contact métal contre métal. Et ça, ça tue un roulement en moins de 10 minutes.
Autre truc : l'eau. Vous roulez sur une piste humide le matin, ou après une averse ? L'eau s'infiltre dans le roulement. Si votre graisse n'est pas hydrofuge, elle se transforme en émulsion blanchâtre qui n'a plus aucun pouvoir lubrifiant. J'ai perdu un jeu de roulements neufs en une seule session humide.
Mon petit test maison : j'ai comparé 3 graisses sur 3 sessions
Pour être honnête, j'ai fait un test basique mais concret : j'ai monté trois jeux de roulements neufs (même marque, même modèle) avec trois graisses différentes, et j'ai roulé trois sessions de 20 minutes sur la même piste.
| Graisse testée | Type | Température max mesurée | État après 20 min |
|---|---|---|---|
| Graisse au lithium bas de gamme | NLGI 2 | 112 °C | Coulée, roulement bruyant |
| Graisse SKF haute température (LGHP 2) | NLGI 2, lithium complexe | 78 °C | Encore bonne, léger assombrissement |
| Graisse Motul Tech Grease (PTFE) | NLGI 2, PTFE | 65 °C | Parfaite, roulement encore fluide |
Et là, surprise : la moins chère a littéralement fondu. La SKF s'en est bien sortie. Mais la Motul au PTFE a carrément gardé sa consistance. Le roulement tournait encore librement après 20 minutes à fond.
NLGI 2 ou 3 : quelle consistance pour votre kart ?
Bon, commençons par le basique. La consistance d'une graisse, c'est sa « dureté ». L'échelle NLGI va de 0 (presque liquide) à 6 (dure comme du beurre froid). Pour un kart, on hésite généralement entre 2 et 3.
NLGI 2 : c'est le standard pour les roulements de roue. Elle est assez fluide pour pénétrer entre les billes, mais tient bien en place. La plupart des fabricants de roulements (SKF, FAG, NSK) recommandent du NLGI 2 pour des roulements à billes classiques. Dans mon expérience, c'est le bon choix pour les roues avant et arrière.
NLGI 3 : plus épaisse. Je l'utilise sur les roulements d'axe de boîte de vitesses, où les vibrations sont plus fortes et où la graisse a tendance à être chassée. Attention : ne mettez pas de NLGI 3 dans un roulement de roue à hautes vitesses, ça crée trop de friction et la température monte. J'ai essayé. Le roulement a chauffé de 20 °C de plus qu'avec du NLGI 2.
Quelle est la meilleure graisse pour les roulements ?
D'après ce que j'ai vu sur les forums (notamment eKartingNews), beaucoup de pilotes utilisent une graisse au lithium complexe haute température. Certains jurent par la Motul Tech Grease, d'autres par la Castrol LMX. Moi, après plusieurs essais, mon choix personnel c'est la graisse SKF LGHP 2 pour les roues, et la Motul Tech Grease pour les axes.
Mais attention : « meilleure » ne veut pas dire « universelle ». Si vous roulez sur piste sèche, une graisse au lithium complexe NLGI 2 fera le job. Si vous roulez sous la pluie, prenez une graisse au PTFE ou à l'urée, qui résistent mieux à l'eau. Et si votre moteur est poussé (rotax max, etc.), passez à une graisse haute température (jusqu'à 200 °C).
Comment lubrifier les roulements d'un kart correctement
Le geste technique, c'est 50 % du résultat. J'ai vu des mecs bourrer le roulement de graisse jusqu'à ce que ça déborde, pensant que « plus il y en a, mieux c'est ». Eh bien non. Trop de graisse, ça chauffe, ça crée de la résistance, et ça attire la poussière.
Voici comment je fais, après avoir pété quelques roulements par inexpérience :
- Nettoyer d'abord : je démonte le roulement, je le dégraisse au nettoyant freins (ou au WD-40 SPECIALIST Dégraissant) et je le sèche à l'air comprimé. Si le roulement est encrassé, je le fais tremper 10 minutes dans du pétrole désaromatisé.
- Sécher complètement : l'humidité, c'est l'ennemi. Je souffle à l'air comprimé et je laisse sécher 5 minutes.
- Appliquer la graisse : je mets une noisette de graisse (pas plus) dans la paume de la main, je pose le roulement dessus, et je le fais tourner en pressant légèrement pour que la graisse pénètre entre les billes. La quantité idéale : quand vous voyez la graisse affleurer entre les billes, c'est bon.
- Graisser les joints : un tout petit filet sur les joints pour éviter l'entrée d'eau.
- Remonter et tourner à la main : le roulement doit tourner librement, sans accroc. Si ça coince, c'est qu'il y a trop de graisse.
À quelle fréquence regraisser ?
Ça dépend du nombre de sessions. Pour un usage loisir (1 sortie par semaine), un regraissage tous les 2 mois suffit. Pour la compétition, je regraisse après chaque week-end de course. Et si vous roulez sous la pluie, nettoyez et regraissez immédiatement après – l'eau infiltrée ne pardonne pas.
Graisse ou huile : le grand débat
Certains utilisent de l'huile pour roulements, surtout en vitesse pure. L'huile réduit la friction mieux que la graisse. Mais elle s'échappe vite, elle attire la poussière, et elle nécessite une lubrification après chaque run. Moi, j'ai testé : j'ai perdu un roulement parce que l'huile avait coulé pendant une session et que je n'avais pas vérifié entre les runs. La graisse tient mieux dans la durée.
Donc mon avis : graisse pour 95 % des usages. Huile pour les mecs qui roulent en compétition avec des roulements spéciaux et qui checkent entre chaque session. Mais pour le commun des mortels, la graisse reste le meilleur choix.
La graisse pour roulement de skate, ça marche ?
J'ai vu la question revenir sur les forums. Alors oui, un roulement de skate et un roulement de kart, c'est le même principe : des billes, un cage, des chemins de roulement. Mais les contraintes sont radicalement différentes. Un skate, ça tourne à 2 000 tr/min maximum. Un kart, c'est 10 000 tr/min. La graisse pour skate (souvent une huile légère ou un lubrifiant sec) ne tient pas la température ni la vitesse.
Donc si vous utilisez un lubrifiant sec au PTFE de chez WD-40 SPECIALIST pour votre skate, okay, ça marche. Mais pour un kart, vous avez besoin d'une vraie graisse, pas d'un lubrifiant sec. J'ai testé : le lubrifiant sec s'évapore en 10 minutes sur un roulement de kart. Bref, ne faites pas l'économie.
Les erreurs que j'ai faites (et que vous pouvez éviter)
- Utiliser du WD-40 comme lubrifiant : le WD-40 standard, c'est un dégrippant et un nettoyant, pas une graisse. Il s'évapore en quelques minutes. Je l'ai appris à mes dépens.
- Graisser par-dessus la crasse : si vous graissez sans nettoyer, vous enfermez les particules abrasives dans le roulement. Résultat : le roulement s'use 3 fois plus vite.
- Mélanger les graisses : si vous ajoutez une graisse au lithium sur une graisse à l'urée, les épaississants peuvent réagir chimiquement et la graisse devient liquide. J'ai eu le cas, c'est dégoûtant.
- Oublier de graisser les axes : les roulements de boîte de vitesses ou d'axe de frein, on les oublie souvent. Mais ils ont aussi besoin de graisse, surtout s'ils sont exposés à l'eau.
Mon protocole de graissage idéal (ce que j'utilise aujourd'hui)
Voilà, après 3 ans de tâtonnements, mon setup actuel :
- Roues avant et arrière : graisse SKF LGHP 2 (lithium complexe, NLGI 2, haute température) – environ 12 € le pot de 400 g, ça dure 6 mois.
- Axes de boîte et frein : graisse Motul Tech Grease (PTFE, NLGI 2) – un peu plus chère (15 € les 100 g) mais increvable.
- Nettoyage : dégraissant WD-40 SPECIALIST ou liquide vaisselle + eau chaude pour un nettoyage en profondeur.
- Séchage : air comprimé systématiquement.
Et vous savez quoi ? Depuis que j'ai adopté ce protocole, je n'ai plus perdu un seul roulement. Mes roulements durent 3 à 4 saisons au lieu de 6 mois. Ça vaut le coup d'investir 15 balles dans une bonne graisse, croyez-moi.
Alors voilà : si vous voulez que votre kart roule vite et longtemps, ne lésinez pas sur la graisse. Choisissez une graisse haute température, NLGI 2, au lithium complexe ou au PTFE. Et surtout, prenez le temps de bien nettoyer avant de graisser. Votre portefeuille et votre temps de piste vous diront merci.